Aujourd'hui, je ne vous parlerais pas de tricot, ni de crochet mais de cinéma. Il y a un mois, j'ai pris en cours de route une émission "N'oubliez pas mes paroles" sur la 2 au profit des associations et je suis tombée sur un duo étonnant que je ne connaissais pas. Des jeunes, de l'humour, sans se prendre au sérieux et pourtant rien de superficiel. A la fin de leur jeu, nous avons eu la diffusion de la bande annonce du film qu'ils venaient de faire et qui sortait le mercredi suivant. Hier, un mois après sa sortie il était encore à l'affiche, dépassant les 500 000 spectateurs, pas mal pour un premier film français sorti en même temps qu'Harry Potter. Synopsis : Demi-frères, Joël et Régis n’ont en commun que leur père qu’ils connaissent à peine. Joël est au chômage et pas vraiment dégourdi. La France, « pays raciste » selon lui, est la cause de tous ses échecs et être noir est l’excuse permanente qu’il a trouvée pour ne pas chercher du travail ou encore payer son ticket de bus. Régis est de son côté totalement intégré. Tant et si bien, qu’il renie totalement sa moitié noire et ne supporte pas qu’on fasse référence à ses origines. Délinquance et immigration vont de pair si l’on en croit ses paroles. Réclamés au chevet de leur père mourant aux Antilles, ils reçoivent pour tout héritage l’acte d’affranchissement qui a rendu la liberté à leurs ancêtres esclaves, document qui se transmet de génération en génération. Faisant peu de cas de la richesse symbolique de ce document, ils le déchirent. Décidée à les punir pour le geste qu’ils viennent de faire, une mystérieuse vieille tante qui les observait depuis leur arrivée aux Antilles décide de leur faire remonter le temps, en pleine période esclavagiste ! Parachutés en 1780, ils seront vendus au marché comme esclaves. Les deux frères vont alors devoir s’unir, non seulement pour s’évader de la plantation mais aussi pour trouver le moyen de rentrer chez eux, au XXIe siècle.   Une histoire qui peut paraître banale, un film que vous pouvez regarder au premier degré et le trouver très nul. Mais pas évident de traiter du racisme pas seulement par rapport à la couleur de la peau, mais aussi pour des religions différentes. Le tout avec des clins d'oeil ça et là qui démontrent des connaissances certaines (ou au moins des recherches), par exemple : - allusion à Molière : l'un des personnages principaux s'appelle "Monsieur Jourdain", comme dans le Bourgeois Gentilhomme", - allusion à Victor Schoelcher qui milita pour l'abolition de l'esclavage (intervenu en 1848 dans les colonies françaises) : le fils unique du maître de la plantation se prénomme Victor, - allusion à Louis XIV et à son époque, au travers du décor et des costumes de la maison du maître de la plantation - allusion à Dalloyau : avec le plat de macarons, même s'il s'agit d'un anachronisme, car les macarons montrés dans le film ne sont apparus sous cette forme de deux ronds collés que vers 1830, et plus tard ils furent fabriqués de la couleur de leur parfum par Ladurée. etc.   Bon, vous l'avez compris, nous avons passé une excellente soirée hier soir et je vous le recommande !